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Les feuilles mortes se ramassent à la pelle et les projets de l’Artichaut aussi ! Car cette saison, troisième du nom pour notre association, marque un ancrage de nos valeurs et de notre ambition dans le paysage urbain autant que dans les programmations du territoire, pour notre plus grand plaisir.

Lieu d’échanges et d’actions dédié à la création et ouvert à toutes formes d’art et de culture, notre petite structure commence en effet à trouver sa place dans le quartier, dans la ville et au-delà. À

 travers des actions artistiques et pédagogiques en lien avec la saisonnalité, l’équipe de L’Artichaut noue, tisse, trame, bref, crée du lien pour donner corps et toujours plus de sens au duo Nature-Culture.

Cet automne, c’est au tour de la résilience alimentaire de faire l’objet de toutes nos attentions et d’entraîner dans le sillage de notre réflexion et au fil du calendrier des mois à venir, artistes et activistes de tous bords prêts à faire avancer le débat, mais aussi, et c’est un grand pas, les institutionnels !

Bordeaux Métropole a ainsi accepté notre invitation à évoquer la transformation urbaine du paysage et c’est en confiant à la photographe Maitetxu Etcheverria le soin d’en parler de façon poétique, qu’elle nous donne une envie forte, et pas si folle, de se retrousser les manches !

Bienvenue dans cette conversation !

JUILLET – AOUT

JUIN

MAI

EXPO [Laurent Cerciat]

EXPO [Laurent Cerciat]

19 mai > 10 juin (l'exposition a été décalée en raison de l'amélioration du contexte sanitaire) La « plastique du paysage », tout un programme...

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AVRIL

Résilience alimentaire

Faire + avec –

La France importe 50% des fruits et légumes qu’elle consomme et exporte 40% de ses productions agricoles. Derrière ces chiffres étonnants, s’en cachent d’autres bien plus inquiétants : l’agriculture est le 4e secteur  producteur de gaz à effet de serre (après l’industrie, l’habitat et les transports), alors qu’il n’occupe que 5% de la population active (4 fois moins qu’il y a 40 ans). Malgré la croissance de la population, la surface des terres agricoles diminue au profit d’une artificialisation des sols (dont nous avons déjà évoqué le rôle majeur dans la régulation du climat). Faut-il davantage de chiffres pour démontrer l’inadapation de notre modéle agricole ?

Tout avait pourtant bien commencé pour les politiques publiques : au sortir de la seconde guerre mondiale, les actions de nos institutions sont portées par la volonté de retrouver une souveraineté alimentaire. Mais cette “révolution verte” se fonde sur l’intensification et l’utilisation de variétés de céréales à hauts potentiels de rendements avec force recours aux engrais chimiques et minéraux. Bye bye diversité : on assiste à une simplification des semences, des cultures, des paysages. On se retrouve face à ce constat contre-intuitif : notre agriculture prend une grande part de responsabilité dans le bouleversement de  notre environnement. Sa volonté de souveraineté a engendré la vulnérabilté du secteur agroalimentaire.

La crise sanitaire a accéléré cette prise de conscience. Désormais, de plus en plus de décideurs, acteurs publics ou privés, sont convaincus qu’il faut réformer en profondeur notre modéle agricole. Mais au-delà d’une révolution agronomique, c’est bien nos usages de consommation qu’il faut aussi interroger et adapter. Notre sécurité alimentaire passe donc par la résilience, c’est-à-dire notre capacité à (re)trouver un état d’équilibre entre l’offre et la demande alimentaire malgré les perturbations (climatiques, sanitaires, économiques…). Et c’est sur cette voie que désormais, les politiques publiques s’engagent pour soutenir un élan déjà engagé par les plus fervents.

Car il n’échappe à personne qu’en changeant nos habitudes de production et de consommation de l’alimentation nous agissons simultanément sur les leviers de l’emploi, de l’économie, de la santé, et de la protection de l’environnement. Ça vaut le coup, non ?

Commencer ensemble ici et maintenant

Les voies de la résilience ont été recensées par le collectif Les Greniers d’Abondance qui, épaulé par de nombreux partenaires scientifiques, experts et acteurs de terrains publics, à la veille des éléctions municipales 2020, un guide qui invite les élus locaux, communaux et intercommunaux, à se saisir de cet enjeu, des propositions d’actions concrètes à mettre en oeuvre à leur échelle.

Sur notre territoire, les chiffres sont éloquents : la métropole a une autonomie de 1,8% (alors que 98% des denrées que nous produisons sont exportées), notre alimentation y est produite par 1,8% de la population active dont 20% ne se verse pas de salaire. Sur 100€ dépensés en grande surface, 6,5€ reviennent à l’agriculteur. Oui, moins de 10% ! Au même moment, en Nouvelle-Aquitaine, le nombre de consommateurs de produits bio a progressé de 12%…

La nouvelle municipalité a donc créé un nouveau portefeuille d’élu dédié à la résilience alimentaire. L’objectif est de relocaliser. Certes, l’autosuffisance est utopique, mais les appels à projets se multiplient pour soutenir la production agricole en ville et privilégier les circuits courts, avec par exemple, l’attribution récente de 4 hectares de terres maraichères au Haillan pour fournir les cantines de la ville.

À son échelle, L’Artichaut entre dans le débat et fédère les bonnes volontés autour d’évènements gratuits et ouverts à tous : expositions, podcasts, ateliers émailleront ces mois d’automne avec un temps fort autour des Journées du patrimoine et du matrimoine qui nous tiennent vraiment à coeur.

QUELQUES CHIFFRES
LE SAVIEZ-VOUS ?

 

  • Les sols abritent 25% des espèces vivant sur terre.
  • Il faut de 200 à plusieurs milliers d’années pour former une hauteur de sol d’un centimètre.
  • A peine plus de 10% des sols mondiaux sont productifs et fertiles, c’est-à-dire libres de contraintes pour la plupart des usages agricoles.
  • En France, près de 10% du territoire est artificialisé.
  • La surface des sols artificialisée a augmenté de 36% entre 1992 et 2015.
  • 54 % des énergies renouvelables (bois énergie, biocarburants et résidus agricoles) dépendent du sol en France.
  • 70 % des antibiotiques présents sur le marché sont issus de bactéries du sol.
  • D’ici 25 ans dans le monde, la dégradation des sols pourrait réduire la production d’aliments de 12 % et augmenter de 30 % leur prix.
  • 12 M de ménages français entretiennent 13,5 millions de jardins

Et l’art dans tout ça

Pour documenter l’évolution du climat et du paysage à des époques où les outils de mesure n’étaient pas aussi performants qu’aujourd’hui, les scientifiques sont allés au musée ! Désormais l’art contemporain se saisit du paysage dans une démarche engagée en faveur de l’écologie.

Les artistes, de tous temps, donnent en effet de précieux témoignages de la nature. On pense à Turner, à Pieter Brughel l’ancien par exemple…, l’iconographie ne manque pas et elle est riche d’enseignements ! Aujourd’hui, à l’heure des images satellitaires, le lien entre les artistes et l’évolution du climat est plutôt de l’ordre de la sensibilisation. L’art contemporain pointe en effet régulièrement la fragilité du paysage et de nombreux artistes s’engagent pour l’écologie.

Avec Ice Watch lors de la COP-21, le danois Olafur Eliasson par exemple a posé des blocs de glace issus des fjords du Groenland à Paris, Londres ou Copenhague fondant ostensiblement sous les yeux passants. The Weather Project, oeuvre monumentale et immersive installée à la Tate de Londres, plonge le visiteur dans une expérience autant physique que psychologique qui le sensibilise au rayonnement du soleil et au réchauffement climatique.

L’argentin Tomàs Saraceno a lui aussi profité de la COP-21 pour donner sa vision de l’Aérocène, une prise de conscience globale de l’environnement traitée de façon onirique et d’une grande poésie.

L’italien Lorenzo Quinn a marqué les esprits lors de la biennale de Venise 2017 avec deux gigantesques mains sortant du grand canal comme un appel à l’aide et dénonçant évidemment la hausse du niveau des océans dont les conséquences sont désastreuses, notamment dans la cité des Doges.

Dans ces oeuvres (et elles sont légion), l’urgence climatique est souvent abordée en lien avec l’architecture… et bien entendu, à L’Artichaut, on adore ça !


Les recettes de l’été

Sous nos yeux et forcément sous nos pieds, de nombreuses plantes sauvages parfois classées dans la catégorie des adventices (ou « mauvaises herbes »… quelle expression inappropriée !) sont non seulement comestibles mais délicieuses et pétries de bienfaits. De petits fruits aussi se trouvent à l’état naturel. Ce que l’on appelle désormais la cuisine sauvage leur doit beaucoup !

Pas seulement aromatiques, certains de ces alliés au jardin se mangent crus, en salade comme les pissenlits, ou bien cuits comme les orties qui font de délicieux veloutés. D’autres seront du plus bel effet sur vos préparations : le coquelicot (pavot) par exemple peut décorer vos desserts de ses pétales (cristallisés ou en sirop) ou pimper votre pain maison de ses graines (à collecter dans le petites capsules au coeur de la fleur quand les pétales sont tombés à la fin de l’été).

Le saviez-vous ? réduites en pommade, les graines de pavot se pâtissent à la place du chocolat ! C’est même une spécialité en Europe du nord (makowiec, brioche polonaise) !

Cependant, attention, glaner ces petits trésors pour les manger ne s’improvise pas. Pour reconnaître les plantes sauvages, savoir où les trouver et comment les préparer en cuisine, nous vous avons conçu pour vous 15 fiches pratiques dont vous nous direz des nouvelles.