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Voilà l’été ! Mais qu’est-ce qu’une saison ? Un intervalle de temps entre deux dates ? Oui, et cela correspond à un cycle astronomique marqué par des équinoxes, des solstices et des différences d’ensoleillement.

Mais dans les zones tempérées comme la France, si l’on distingue bien 4 saisons (inversées dans les hémisphères nord et sud), on oublie parfois que c’est aussi un cadencement très culturel : dans l’Antiquité égyptienne puis grecque, par exemple, on ne connaissait que 3 saisons ; il existe un calendrier chinois de 5 saisons et les hindous en décomptent 6. Aujourd’hui, dans les zones tropicales, on parle plutôt de saison des pluies et de saison sèche ; quant aux pôles, on y distingue jour et de nuit polaires.

Etonnant, non ? Reste que le solstice d’été associé au culte du soleil fait du 21 juin une date très ritualisée dans beaucoup de cultures. Même dans notre célébration d’apparence profane autour de la musique, il y des symboles sacrés pour fêter comme il se doit, le jour le plus long de l’année !

Transition naturelle, pour l’Artichaut qui zoome, cette saison, sur le climat. C’est donc la géographie dont il est une des composantes, qui distille son inspiration dans l’agenda de l’Artichaut.

JUILLET – AOUT

JUIN

MAI

EXPO [Laurent Cerciat]

EXPO [Laurent Cerciat]

19 mai > 10 juin (l'exposition a été décalée en raison de l'amélioration du contexte sanitaire) La « plastique du paysage », tout un programme...

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AVRIL

Sol & paysage

Le climat, c’est chaud !

Au-delà d’un bon mot, l’étude du climat est une discipline complexe. Rien à voir avec la météo qui est le temps qu’il fait au jour le jour, le climat prend le recul d’une analyse statistique de données chiffrées (températures, précipitations, pression atmosphériqueensoleillementhumiditévent…) ! Il est en perpétuelle mutation sous l’influence de phénomènes astronomiques ou géologiques. Désormais, on mesure aussi l’impact des activités humaines et on tente, depuis les années 70, de sensibiliser au réchauffement pour en réduire les effets sur l’environnement, car oui, il y a urgence !

Si la saison chaude de nos latitudes est associée à l’insouciance des grandes vacances, elle nous fait aussi prendre une conscience aiguë de la hausse progressive des températures. Les records de chaleur tombent comme des dominos et nous sommes beaucoup à y voir une fatalité. Cette même impuissance nous saisit aussi à l’annonce de catastrophes climatiques dévastatrices (inondations, incendies, cyclones, sécheresses…). Pourtant, en tant que discipline scientifique, la climatologie sait non seulement expliquer tout cela mais donne aussi les clefs pour ralentir cet inéluctable réchauffement.

Alors, on qu’est-ce qu’on attend pour s’y mettre ?

La logique infernale est la suivante : L’augmentation de la température de l’air et de l’eau entraîne une élévation du niveau des mers (fonte des glaces…) et renforce l’intensité des tempêtes, des vents, des sécheresses et des incendies qui durent plus longtemps, ainsi que des précipitations et des inondations.

Cop 21 ou 23 (sommets mondiaux), projet de loi (national) portant sur la lutte contre le dérèglement climatique, plan Bordeaux Métropole (à l’échelle locale), marches pour le climat, la baisse de l’émission des gaz à effets de serre est une préoccupation à tous les niveaux et un sujet au cœur des débats qu’ils soient électoraux ou de fin de repas en famille. Oui, quand l’oncle Henri, fervent climatosceptique, soutient que le réchauffement climatique est un complot politique ourdi pour entraver le développement économique, il est assez simple de lui opposer l’évidence scientifique, en lui resservant un café.

Soyons factuels : Depuis la fin du XIXe siècle la température moyenne mondiale a augmenté de presque 1 °C. En France, 2014, 2018 et 2019 sont les trois années les plus chaudes depuis le début du XXe siècle. Depuis 30 ans, le nombre de catastrophes naturelles liées au climat a triplé forçant 20 millions de personnes par an à se déplacer. Or, ce n’est pas parce qu’ils sont naturels que les risques climatiques sont inévitables !

Commencer ensemble, ici et maintenant

Pour mémoire, la France s’est engagée, dans le cadre de l’accord de Paris, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030. L’objectif des 195 pays signataires vise à limiter le réchauffement climatique à 2°C maximum d’ici la fin du XXIe siècle.

Pour cela, des décisions sont prises au niveau des Etats, mais que peut-on faire concrètement à l’échelle individuelle ? C’est une question de responsabilité, celle du colibri qui fait sa part : choisir son fournisseur d’énergie, trier ses déchets, réduire sa consommation, choisir des légumes et des fruits locaux, de saison, ni suremballés ni surtransformés ou réfléchir à ses déplacements… ce sont des questions du quotidien qui ont un impact réel sur l’émission de gaz à effet de serre, donc sur le réchauffement et le climat !

Par exemple, un km parcouru en avion émet 285g équivalent CO2 contre 14g en train ou 104g en voiture (et 8g à vélo) – source ADEME. C’est concret, ça, non ?

A l’Artichaut, l’environnement est, à tous les étages, un métier et une passion ! Notre tiers-lieu ouvert, multi-créatif, laboratoire d’expérimentations autour de la fabrique de la ville passe à la sensibilisation avec une programmation dédiée au climat et à la géographie, aux conséquences de sa dégradation et bien sûr aux petits gestes du quotidien pour ralentir le réchauffement. Expositions ouvertes à tous et ateliers ouvriront la voie pour s’engager ensemble dans une démarche consciencieuse et ludique autour de ces questions de société très concrètes.

QUELQUES CHIFFRES
LE SAVIEZ-VOUS ?

 

  • Les sols abritent 25% des espèces vivant sur terre.
  • Il faut de 200 à plusieurs milliers d’années pour former une hauteur de sol d’un centimètre.
  • A peine plus de 10% des sols mondiaux sont productifs et fertiles, c’est-à-dire libres de contraintes pour la plupart des usages agricoles.
  • En France, près de 10% du territoire est artificialisé.
  • La surface des sols artificialisée a augmenté de 36% entre 1992 et 2015.
  • 54 % des énergies renouvelables (bois énergie, biocarburants et résidus agricoles) dépendent du sol en France.
  • 70 % des antibiotiques présents sur le marché sont issus de bactéries du sol.
  • D’ici 25 ans dans le monde, la dégradation des sols pourrait réduire la production d’aliments de 12 % et augmenter de 30 % leur prix.
  • 12 M de ménages français entretiennent 13,5 millions de jardins

Et l’art dans tout ça

Pour documenter l’évolution du climat et du paysage à des époques où les outils de mesure n’étaient pas aussi performants qu’aujourd’hui, les scientifiques sont allés au musée ! Désormais l’art contemporain se saisit du paysage dans une démarche engagée en faveur de l’écologie.

Les artistes, de tous temps, donnent en effet de précieux témoignages de la nature. On pense à Turner, à Pieter Brughel l’ancien par exemple…, l’iconographie ne manque pas et elle est riche d’enseignements ! Aujourd’hui, à l’heure des images satellitaires, le lien entre les artistes et l’évolution du climat est plutôt de l’ordre de la sensibilisation. L’art contemporain pointe en effet régulièrement la fragilité du paysage et de nombreux artistes s’engagent pour l’écologie.

Avec Ice Watch lors de la COP-21, le danois Olafur Eliasson par exemple a posé des blocs de glace issus des fjords du Groenland à Paris, Londres ou Copenhague fondant ostensiblement sous les yeux passants. The Weather Project, oeuvre monumentale et immersive installée à la Tate de Londres, plonge le visiteur dans une expérience autant physique que psychologique qui le sensibilise au rayonnement du soleil et au réchauffement climatique.

L’argentin Tomàs Saraceno a lui aussi profité de la COP-21 pour donner sa vision de l’Aérocène, une prise de conscience globale de l’environnement traitée de façon onirique et d’une grande poésie.

L’italien Lorenzo Quinn a marqué les esprits lors de la biennale de Venise 2017 avec deux gigantesques mains sortant du grand canal comme un appel à l’aide et dénonçant évidemment la hausse du niveau des océans dont les conséquences sont désastreuses, notamment dans la cité des Doges.

Dans ces oeuvres (et elles sont légion), l’urgence climatique est souvent abordée en lien avec l’architecture… et bien entendu, à L’Artichaut, on adore ça !


Les recettes de l’été

Sous nos yeux et forcément sous nos pieds, de nombreuses plantes sauvages parfois classées dans la catégorie des adventices (ou « mauvaises herbes »… quelle expression inappropriée !) sont non seulement comestibles mais délicieuses et pétries de bienfaits. De petits fruits aussi se trouvent à l’état naturel. Ce que l’on appelle désormais la cuisine sauvage leur doit beaucoup !

Pas seulement aromatiques, certains de ces alliés au jardin se mangent crus, en salade comme les pissenlits, ou bien cuits comme les orties qui font de délicieux veloutés. D’autres seront du plus bel effet sur vos préparations : le coquelicot (pavot) par exemple peut décorer vos desserts de ses pétales (cristallisés ou en sirop) ou pimper votre pain maison de ses graines (à collecter dans le petites capsules au coeur de la fleur quand les pétales sont tombés à la fin de l’été).

Le saviez-vous ? réduites en pommade, les graines de pavot se pâtissent à la place du chocolat ! C’est même une spécialité en Europe du nord (makowiec, brioche polonaise) !

Cependant, attention, glaner ces petits trésors pour les manger ne s’improvise pas. Pour reconnaître les plantes sauvages, savoir où les trouver et comment les préparer en cuisine, nous vous avons conçu pour vous 15 fiches pratiques dont vous nous direz des nouvelles.